Le Mans sorties : Julien Grassin en spectacle 

20 MARS 2019 - Magazine LeMansmaville.com

Auteur, acteur, chanteur : Julien Grassin a découvert le monde du spectacle il ya neuf ans et continue de l’explorer jour après jour. Il y a un an et demi, le Manceau a mis en place un atelier de création et jeu théâtral, à raison de trois heures par semaine. C’est le fruit de ce travail que les cinq acteurs amateurs présenteront au Val de Vray, le samedi 6 avril, avec leur pièce tragicomique : « Rillettes or not Rillettes ?». Rencontre.

Pourquoi avez-vous lancé cet atelier en octobre 2017 ?

Julien Grassin : J’aime mêler les disciplines : je chante, je joue, j’écris… Je trouve que la création, c’est la liberté. J’avais envie de partager mon expérience et proposer un espace à ceux qui ne veulent pas seulement reprendre une pièce. Le théâtre est un moyen fabuleux de se dépasser. Les gens ont besoin d’être acteurs de leur vie. Mon atelier, c’est ça. Ils ne sont jamais montés sur scène, n’ont jamais écrit mais ont plein de choses en eux et des capacités inexploitées. J’aime bien ce que disait Jacques Brel : « Le talent ça n’existe pas, le talent c’est d’avoir envie de faire quelque chose ». C’est ce qui me guide depuis neuf ans, même si ça n’empêche pas qu’il faut aussi de la technique, du travail et de l’investissement.

Comment avez-vous travaillé au long de ces dix-huit mois ?

Cela a été conséquent parce que dans chaque cours, il y avait une partie dédiée à l’écriture et une autre au jeu théâtral : le corps, la voix, la diction, la gestuelle… Il y a d’abord eu un travail de mise en confiance et de lâcher prise. Il a fallu ensuite créer une cohésion, pour apprendre à écrire, jouer et mettre en scène tous ensemble. Je voulais être là comme un gardefou, sans donner mon avis sur le fond. Ce n’est pas ma pièce. On a fait des séances de trois heures chaque semaine et en ce moment, on répète trois fois par semaine. La date approche et il y a une prise de conscience. C’est super de faire du théâtre et monter sur scène mais il y a aussi de la discipline et de la rigueur.

Comment est née cette pièce autour des rillettes ?

Lors d’une pause, je racontais que j’étais devenu végétarien et que ma sœur, lorsque je le lui avais annoncé, s’était exclamée : « Quoi mais tu ne vas plus manger de rillettes ! » (rires). Les membres de l’atelier se sont servis de ça pour des improvisations puis pour créer l’histoire de cette pièce. Elle se déroule au sein d’une société dystopique. Jérémy Bollée, brillant trentenaire, vient d’être nommé directeur de cabinet de la ministre des rillettes. Dans cette société où tout le monde en mange et doit les aimer, il va se retrouver confronté au pire… Au delà du thème en apparence léger, c’est une pièce qui engendre des réflexions sur le rapport à la norme :qu’est ce qui est de l’ordre de notre choix ou qu’on nous impose ?

En parallèle, vous poursuivez vos propres créations…

Oui, mon nouveau spectacle s’appelle Apostasie. Ce sera un monologue sur la véritable liberté de conscience. Faire son apostasie, c’est demander à être rayé des registres de l’Église catholique. Dans mes créations, j’aborde des questions très personnelles, j’en ai besoin. Comme mon spectacle précédent, Le mal(e) d’aimer, qui a été mon gros morceau. J’y parle du passage de ma vie d’hétérosexuel à l’acception de mon homosexualité, à travers une histoire d’amour illégitime. Je l’ai joué au Mans, à Paris avec Louise Gravez au piano et j’irai à Belfort en mai.

Vous avez aussi une activité artistique plus «légère »…

Oui, on avait commencé du théâtre musical en 2011 avec Pauline (Pelosi-Bailleul, chanteuse lyrique mancelle, Ndlr) et je continue à écrire mes chansons. J ’ai aussi un projet de personnage féminin qui s’appelle Victoria et mêle chant, danse et théâtre. J’ai plusieurs casquettes. Ce serait plus simple d’avoir une spécificité mais mon but, c’est de prendre du plaisir dans ce que je fais. Depuis neuf ans, il ya eu plein de premières fois dans ma vie. J’ai envie de garder cette joie de faire les choses et de la transmettre aux autres.